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Mobilités et Infrastructures

Le fret ferroviaire capillaire : un réseau de pertinence partagée

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publié le 9 avril 2018
Cliquez sur l'image - Opérations de maintenance de voie ferrée en grand format (nouvelle fenêtre)
Cliquez sur l’image - Opérations de maintenance de voie ferrée

Lorsque la volonté d’un industriel de mettre le mode ferroviaire au cœur de sa stratégie logistique globale rencontre l’engagement de l’État, de ses opérateurs et de la Région en faveur des transports plus respectueux de l’environnement, il n’y a que des raisons d’envisager positivement l’avenir des lignes capillaires fret.



Pourtant, la ligne reliant la Sucrerie Saint-Louis d’Étrépagny à Pont-de-l’Arche dans l’Eure aurait pu fêter son 150ème et dernier anniversaire cette année. D’une longueur de 37 km, elle permet d’écouler à l’export près de 100 000 tonnes de sucre vers les Grands Ports Maritimes de Rouen et du Havre (Haropa Rouen et Haropa Le Havre). Depuis la fin des quotas sucriers à l’export, cette ligne est stratégique pour la filiale du groupe Südzucker qui emploie, à Étrépagny, dans l’Eure, 89 salariés permanents, 100 saisonniers pendant la campagne sucrière et, qui se fournit en betterave auprès de 1 000 planteurs dans un rayon de 40 km autour du site.

En 2015, SNCF Réseau avait réalisé des travaux qui permettaient de garantir l’usage de la voie jusqu’en janvier 2018. Depuis 2016, l’État, SNCF Réseau, la Région Normandie, Haropa Rouen et Le Havre et l’industriel travaillent collectivement pour définir les besoins d’investissements adaptés au niveau de trafic actuel soit 100 trains annuels et assurer la pérennité de la ligne pour les dix prochaines années.

Les travaux de rénovation sur la ligne de fret Étrépagny à Pont-de-l’Arche ont été inaugurés le 21 mars par les représentant.e.s de l’État, de la Région, de SNCF Réseau, de Grand Port Maritime de Rouen, de Grand Port Maritime du Havre et du site Saint-Louis Sucre d’Étrépagny.

Le coût de l’opération est de 2,4 M€ HT. La répartition du financement est 50 % pour la Région Normandie, 30% pour l’État (crédits AFITF), 16 % pour SNCF Réseau et 4 % pour Haropa (soit 2 % pour chacun des Grands Ports Maritimes de Rouen et du Havre). L’industriel investit dans le matériel de transport ferroviaire et prendra en charge une partie des coûts de maintenance de la ligne avec SNCF Réseau.

Les travaux ont débuté le 12 février 2018 et seront réalisés sur 18 mois en 2 phases sur 2018 et 2019, hors période sucrière. Ils consistent à renouveler 2,156 km de voies et ballasts, de moderniser la signalisation aux passages à niveau, de régénérer des ouvrages d’art. SNCF Réseau assure la maîtrise d’ouvrage des travaux.

La rénovation ou le renforcement de réseau ferroviaire capillaire fret est un engagement pris par l’État en investissement à hauteur de 54 M€ sur le plan national. L’engagement de l’État intervient via les fonds AFITF. Il est destiné à permettre la réalisation de telles opérations d’investissement et est conditionné à un engagement des industriels, des collectivités et de SNCF Réseau.

Ici, c’est près de 3 000 camions-citernes de 22 tonnes évités sur la route sur 140 jours, durée de la plus récente campagne sucrière. Le fer aide le sucre, le sucre dope le fer  !