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Grands dossiers

Transformation du marais de Cressenval

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publié le 25 juin 2019 (modifié le 26 juin 2019)
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Marais de Cressenval

 
Créée en 1997, la réserve naturelle nationale de l’estuaire de la Seine a pour vocation la sauvegarde de la diversité biologique d’un ensemble de milieux estuariens ainsi que la préservation de l’avifaune et des espèces halieutiques. Conformément à son décret de création, le plan de gestion de la réserve a pour objectif d’assurer la conservation de ce patrimoine tout en maintenant des activités humaines compatibles avec ces enjeux environnementaux.

La partie terrestre de la réserve naturelle de l’estuaire comporte 1 972 ha de terrains sur lesquels on retrouve 109 exploitants agricoles. Ces exploitants agricoles doivent adapter leurs pratiques conformément à la réglementation de la réserve naturelle et aux dispositions du plan de gestion, de manières différenciée sur les différents secteurs de la réserve  : les prairies du Hode, le marais de Cressenval, les prairies humides de la rive sud et les prairies subhalophiles.
Le plan de gestion fixe aussi des niveaux d’eau sur la réserve. La gestion hydraulique mise en œuvre a un impact sur les productions et les revenus agricoles, en lien avec l’encadrement des dates de fauche et de la fertilisation.
Ce préjudice a donné droit à une indemnité au profit des propriétaires, des titulaires de droits réels ou de leurs ayants droit, conformément au L332-5 du code de l’environnement.
C’est dans ce cadre que depuis 2013, la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement de Normandie, en collaboration avec la Direction générale de l’aménagement, du logement et de la nature, la Direction départementale des territoires et de la mer de Seine-Maritime, le Conservatoire du littoral, le Grand Port Maritime du Havre et les associations agricoles locales ont œuvré à la concrétisation de ces indemnisations.

Dans ce cadre, l’ensemble du marais de Cressenval a fait l’objet en avril 2016 d’une opération de déclaration d’utilité publique permettant au Conservatoire du littoral de procéder à l’achat des parcelles cultivées et à l’indemnisation des agriculteurs. Les dernières acquisitions sont en cours, ce qui va porter la surface définitivement protégée à environ 800 hectares sur ce marais, situé entre le canal de Tancarville et l’autoroute A131. Le montant total de l’opération est estimé à 7,2 millions d’euros, avec une participation de l’Agence de l’Eau Seine Normandie à hauteur de 80 % et du Grand Port Maritime du Havre dans le cadre de mesures compensatoires.

Aujourd’hui, toutes les indemnisations ont été versées pour solde de tout compte aux agriculteurs de la réserve. Cela participe à l’apaisement des échanges entre usagers, gestionnaire et administration sur ce territoire complexe à forts enjeux. Les relations apaisées tissées entre les agriculteurs locaux, le gestionnaire de la réserve naturelle et les services de l’État ont permis une concertation efficace dans l’élaboration du 4e plan de gestion, qui a été approuvé par arrêté préfectoral le 27 juin 2018 pour la période 2018-2028.

Concernant le marais de Cressenval, une grande partie des 800 hectares de parcelles agricoles étaient jusqu’à présent cultivées. L’indemnisation des agriculteurs, ainsi que l’adoption du 4e plan de gestion de la réserve naturelle nationale de l’estuaire de la Seine le 27 juin 2019 a permis d’acter le passage en prairie de l’ensemble du marais de Cressenval, selon un cahier des charges de pratiques agricoles plus respectueuses de l’environnement. Le marais de Cressenval va donc se transformer radicalement et augmenter considérablement sa capacité d’accueil de la flore patrimoniale estuarienne et des espèces d’oiseaux sédentaires et migrateurs de l’estuaire de la Seine.

En parallèle, le marais de Cressenval fait l’objet d’un large travail mené par la Maison de l’estuaire, gestionnaire de la réserve, visant à améliorer le fonctionnement de son réseau de fossé pour assurer l’alimentation en eau et permettre de développer le pâturage sur une partie des parcelles. L’idéal écologique serait d’avoir une mosaïque de parcelles fauchées et pâturées.