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Habitat, Aménagement, Construction, Paysages

Mérules et autres champignons lignivores

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publié le 6 septembre 2017 (modifié le 7 septembre 2017)

Il existe de nombreuses espèces de champignons lignivores capables de dégrader le bois en œuvre. Il sont répertoriés en fonction du type de pourriture créé dans le bois. Les champignons des bois d’œuvre ne se développent sur le bois qu’en présence d’une humidité anormalement élevée en milieu confiné.

La plus connue et la plus répandue se nomme Serpula Lacrymans (ou Mérule) ; ce champignon peut commencer son action destructrice à partir d’une humidité des bois de 20-22%.

Elle touche particulièrement le Nord Ouest de la France et la Normandie n’échappe pas ce fléau avec de nombreux cas d’infestations recensés par les professionnels.

Pour les occupants d’un bâtiment infesté, les risques de la mérule sont  :

  • pour la santé  : allergie, si présence de la mérule dans une pièce à vivre
    pour la sécurité  : dégradation de la structure jusqu’à son effondrement, suite à l’altération de -*la résistance mécanique des bois de structure

Dans la majorité des cas, la mérule est découverte tardivement car elle se niche souvent derrière un doublage, sous un plancher ou dans la cave.

La présence de ce champignon lignivore dans les constructions n’est pas propre à un type constructif.

Sa présence est généralement consécutive à une rupture de l’équilibre hydrique des bâtiments entraînant un taux anormalement élevé d’humidité des éléments de bois. La rupture hydrique apparaît bien souvent à la suite de défauts d’entretien, de dégâts des eaux ou d’erreurs de conception lors de réhabilitations (enduits étanches non adaptés, obturations des ventilations, non-respect de l’équilibre originel de la construction).

D’autres facteurs non liés au bâti, comme la sur-occupation du bâtiment, peuvent également être à l’origine de sur-production de vapeur d’eau.

En résumé, les spores présents n’attendent que les conditions favorables pour se développer et fructifier.

Il appartient aux locataires, propriétaires, maîtres d’ouvrages et maîtres d’œuvre d’être vigilants notamment lors des travaux de réhabilitation. Il convient pour cela de respecter le bon fonctionnement du bâti vis-à-vis de l’humidité, d’une part en adaptant les éventuels travaux au mode de fonctionnement particulier du bâtiment et au comportement des occupants et, d’autre part, en surveillant et en entretenant régulièrement le bâtiment.

Dans ce sens le Ministère a réalisé dès 2006, en partenariat avec l’agence nationale de l’habitat (ANAH), un guide de bonnes pratiques en réhabilitation visant à éviter l’apparition de la mérule. Ce guide explique notamment que "les mérules ne peuvent pas infester une maison bien conçue et normalement entretenue".

  Quelles obligations ?

La loi ALUR instaure un dispositif de lutte contre la mérule

Cette loi prévoit un dispositif d’information, s’articulant autour des connaissances et des caractéristiques locales de développement du champignon. Il est organisé à partir du modèle déjà mis en place pour la lutte contre les insectes xylophages (termites) et l’état des risques naturels et technologiques.
Cette information est à double niveau : les mairies sont informées par les occupants de bâtiments de la présence de mérule, dès qu’ils en ont connaissance et en dehors de toute transaction immobilière ; l’acquéreur est informé avant l’acquisition.
Cette solution présente l’avantage de donner des informations en dehors des cas de changement de propriétaire.

  1. Obligation de déclaration des foyers infestés par la mérule

Dès qu’il a connaissance de la présence de mérule dans un immeuble bâti, l’occupant de l’immeuble contaminé, ou à défaut le propriétaire, est tenu d’en effectuer la déclaration en mairie. Lorsque la mérule est présente dans les parties communes d’un immeuble soumis à la loi sur la copropriété, la déclaration incombe au syndicat de copropriété.

  2. Délimitation, au niveau départemental, des zones de présence d’un risque de mérule

Lorsque, dans une ou plusieurs communes, des foyers de mérule sont identifiés, un arrêté préfectoral délimite les zones de présence d’un risque de mérule. Cet arrêté est pris sur proposition ou après consultation des conseils municipaux intéressés, la consultation des conseils municipaux permettant de prendre en compte les informations tirées des déclarations d’infestation faites en mairie.

  3. Obligations en cas de vente, dans les zones délimitées par arrêté préfectoral

En cas de vente de tout ou partie d’un immeuble bâti situé dans la zone délimitée par l’arrêté préfectoral, le vendeur doit fournir une information sur la présence d’un risque de mérule.

Ce dispositif d’information est annexé à la promesse de vente ou, à défaut de promesse, à l’acte authentique de vente.


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