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Habitat, Aménagement, Construction, Paysages

Les produits de construction et matériaux bio-sourcés

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publié le 23 août 2016

Matériaux de construction biosourcés

Les matériaux biosourcés sont, par définition, des matériaux issus de la biomasse d’origine végétale ou animale. Ils couvrent aujourd’hui une large gamme de produits et trouvent de multiples applications dans le domaine du bâtiment et de la construction, en tant que :

  • isolants (laines de fibres végétales ou animales, de textile recyclé, ouate de cellulose, chènevotte, anas, bottes de paille, etc.),
  • mortiers et bétons (béton de chanvre, de bois, de lin, etc.),
  • panneaux (particules ou fibres végétales, paille compressée, etc.),
  • matériaux composites plastiques (matrices, renforts, charges),
  • ou encore dans la chimie du bâtiment (colles, adjuvants, peintures, etc.).

La filière des matériaux biosourcés a été identifiée, par le ministère en charge de l’environnement, comme l’une des 18 filières vertes ayant un potentiel de développement économique élevé pour l’avenir, notamment en raison de son rôle pour diminuer notre consommation de matières premières d’origine fossile, limiter les émissions de gaz à effet de serre et créer de nouvelles filières économiques.

En juin 2010, la direction de l’habitat, de l’urbanisme et des paysages (DHUP) a constitué un groupe de concertation avec les professionnels du bâtiment et des filières de matériaux de construction biosourcés pour d’une part comprendre les freins au développement de ces nouveaux matériaux, et d’autre part produire un plan de développement de ces filières économiques émergentes. Ces travaux ont fait l’objet d’un rapport d’étude et d’un plan d’actions national publiés en février 2011. Ce plan ne prend pas en compte le bois qui fait l’objet d’un plan dédié.

Les enjeux identifiés à l’issue de ce travail de concertation sont les suivants :

1) Structurer la filière. Dans un contexte d’organisations professionnelles fortement structurées et puissantes, le déficit de structuration de la filière des matériaux biosourcés est patent : ce secteur a besoin d’une stratégie partagée par ses acteurs et de plus de visibilité pour dialoguer avec les autres acteurs de la construction, participer et faire entendre leur voix au sein d’instances décisionnelles. Par ailleurs, pour encourager la maîtrise d’ouvrage à utiliser des matériaux de construction biosourcés, la DHUP a mis en place le label « bâtiment biosourcé » (décret n° 2012-518 et arrêté d’application parus respectivement au journal officiel le 21 avril 2012 et le 19 décembre 2012).

2) Industrialiser la filière. L’industrialisation de la filière sous-entend la capacité des professionnels à satisfaire les exigences techniques et économiques du marché. Il s’agit donc pour la filière des matériaux biosourcés d’activer les moteurs de l’industrialisation que sont en particulier l’évaluation et la certification (aptitude à l’usage, performances fonctionnelles et environnementales), la rédaction des règles professionnelles, et plus généralement une démarche de qualité totale.

3) Professionnaliser la filière. Il s’agit pour la filière d’être en mesure d’acquérir, de coordonner, de transmettre et de diffuser ses savoirs et savoir-faire. Cela passe par une stratégie de capitalisation et de diffusion des connaissances sur les matériaux et leur mise en œuvre.

4) Intensifier l’innovation de la filière. Cet enjeu consiste à réunir les conditions favorables à l’innovation, en s’appuyant notamment sur des connaissances scientifiques issues de programmes de R&D fondamentaux. Par exemple, le ministère cofinance l’opération de recherche « Matériaux biosourcés et naturels pour une construction durable », engagée par l’IFSTTAR, qui traite notamment du sujet de la durabilité des matériaux de construction biosourcés (bétons végétaux, composites renforcés avec des fibres naturelles).

5) Territorialiser. En effet, la création d’emplois non-délocalisables, la valorisation des ressources d’un territoire et le partage des expériences sont des préoccupations auxquelles s’adressent les filières "courtes". L’organisation locale de la filière doit ainsi améliorer l’offre sur le territoire et son accessibilité. La DHUP a ainsi adressé aux préfets de région et à l’ensemble des services déconcentrés une circulaire en date du 31 décembre 2012 (http://circulaire.legifrance.gouv.fr/pdf/2013/01/cir_36293.pdf) qui expose la stratégie de territorialisation de la démarche filière verte engagée par le ministère. L’axe essentiel de cette stratégie repose sur l’action motrice des DREAL pour identifier et piloter un projet par région aux côtés des professionnels et des collectivités territoriales.

Le document intitulé « Les filières des matériaux de construction biosourcés : plan d’actions, avancées & perspectives » - et publié à l’initiative du Ministère de l’égalité des territoires et du logement, du Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, et de C&B, fait le point sur les actions menées depuis 2011 dans le cadre de ce plan.

Filière des matériaux de construction biosourcés, novembre 2013 (format pdf - 1.9 Mo - 04/04/2016)